C’est une image qui restera gravée dans la mémoire des amateurs de trail. Ce samedi, sous un soleil radieux au bord du lac de Champex, en Suisse, Blandine L’Hirondel a déroulé sa course avec une autorité folle. La Normande de 35 ans a finalement remporté l’UTMB, devenant la première Française à s’imposer sur cette épreuve mythique depuis 2016. Un succès immense.
Sa victoire, elle l’a construite patiemment, kilomètre après kilomètre. Les 174 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif ont été avalés en 21 heures, 54 minutes et 49 secondes. Un chrono historique, puisqu’aucune femme n’était jamais descendue sous la barre des 22 heures sur ce parcours exigeant. Elle termine au 26e rang du classement général, juste derrière les meilleurs hommes de la planète.
Un ravitaillement à Champex-Lac qui a tout changé
Il était 10 h 42 lorsque Blandine L’Hirondel a surgi au ravitaillement du 127e kilomètre. Des paillettes roses sur les joues, un sourire communicatif, elle affichait une sérénité déconcertante. Devant elle, l’Américaine Rachel Entrekin accusait déjà un retard de 35 minutes. La course semblait pliée.
Son entraîneur, Lilian Gugliero, n’en revenait pas. Il a confié son émotion face à une telle maîtrise. « Je n’ai jamais vécu un ravitaillement aussi fluide ici », a-t-il expliqué. Les deux éditions précédentes avaient été marquées par des douleurs au pied et une casse musculaire. Cette fois, tout était parfait.
Le coach a souligné sa force mentale. Si elle commençait à trouver le temps long, sa tête restait solide. Elle a respecté son plan à la lettre, une tendance qu’elle n’avait pas toujours eue par le passé. Partir dans ses zones tout en étant devant, voilà la clé de sa réussite. Cette discipline a fait toute la différence.
Les clés d’une préparation victorieuse
Cette victoire n’a rien d’un hasard. Elle s’inscrit dans une progression constante depuis plusieurs saisons. Victorieuse de la Diagonale des Fous en octobre dernier, Blandine L’Hirondel a confirmé son statut de reine de l'ultra-trail mondial. Son talent a été salué par tous les observateurs.
La préparation a pourtant été compliquée. Une endofibrose iliaque, diagnostiquée cet été, aurait pu tout compromettre. Cette pathologie vasculaire touche l’artère de la jambe et peut provoquer des douleurs intenses. Lilian Gugliero a rappelé que sa jambe restait une inconnue avant la course. Le doute a finalement laissé place à une démonstration.
Comment expliquer une telle aisance ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- 🏔️ Une connaissance parfaite du terrain et des conditions de course
- 🧠 Une force mentale à toute épreuve, forgée par les échecs précédents
- 📋 Un plan d’allure respecté à la seconde près, sans précipitation
- 💪 Une gestion intelligente de la douleur et de l’effort sur la durée
- 🤝 Une complicité rare avec son entraîneur, présent à chaque rendez-vous
Chaque détail a été pensé. L’alimentation, le matériel, les relances dans les descentes. Tout a été optimisé pour éviter les mauvaises surprises. Cette rigueur a permis à la Française de laisser parler son instinct de compétitrice.
Une course masculine qui a tenu toutes ses promesses
Pendant que Blandine L’Hirondel filait vers le sacre, la bataille masculine offrait un spectacle haletant. Ben Dhiman, deuxième l’an dernier, a mené les débats de bout en bout. Il devançait Baptiste Chassagne et Joaquin Lopez. Le Britannique était attendu à Chamonix sous les 19 heures de course, un rythme effréné.
L’Américaine Courtney Dauwalter, grande favorite, a quant à elle abandonné cette nuit au lac Combal, en Italie. Un coup de théâtre qui a rebattu les cartes. La course féminine a perdu sa reine, mais a vu l’éclosion d’une nouvelle championne. Le contraste était saisissant.
La performance de Blandine L’Hirondel résonne bien au-delà du monde du trail. Elle prouve qu’avec de la patience et du travail, tout devient possible. Sa victoire a été saluée comme un modèle de détermination. Elle a rappelé que le sport de haut niveau est avant tout une histoire de passion.
La vallée de Chamonix a vibré pour elle. Les organisateurs de l’UTMB ont également soulevé des questions environnementales pour les prochaines éditions, montrant que l’événement se réinvente. Mais ce dimanche, tous les regards étaient tournés vers une femme exceptionnelle, dont la réalisation restera dans les annales. Quelle leçon de courage !

Formée en stylisme à Lausanne, elle travaille depuis dix ans dans la presse mode et couture. Elle coud depuis l’adolescence et teste chaque patron avant d’en parler. Sa force : rendre la couture accessible sans la vider de son sens.