Sandro et Maje : l’ascension incroyable des deux sœurs parties de rien devenues la 220e fortune de France

Sandro et Maje : l’ascension incroyable des deux sœurs parties de rien devenues la 220e fortune de France

Elles sont parties de rien, avec une idée simple : habiller les femmes avec une élégance parisienne accessible. Evelyne et Judith, deux sœurs marocaines, ont bâti un empire. Aujourd’hui, leur famille figure à la 220e place des plus grandes fortunes de France. Retour sur une ascension fulgurante, portée par le style, le travail et un sens aigu du business.

D’un côté Sandro, de l’autre Maje. Deux marques, deux univers, mais une même vision : celle d’un luxe décontracté, intemporel, renouvelé chaque semaine en boutique. Et derrière ce succès, une histoire de famille hors norme, racontée ici.

De Rabat au Sentier : les débuts audacieux des sœurs Chetrite et Milgrom

Tout commence sous le soleil de Rabat, au Maroc. Evelyne, l’aînée, tourne le dos à ses études de droit et débarque à Paris avec son mari Didier Chetrite. En 1984, dans le quartier du Sentier, elle fonde Sandro. Sa cadette Judith, suivie de son frère Alain, lui emboîte le pas à la fin des années 1990 en lançant Maje rue du Four, à Paris.

Chacune développe sa griffe avec un positionnement clair : du prêt-à-porter chic à prix maîtrisé. Le style parisien, décontracté et intemporel, séduit immédiatement. Le renouvellement constant des collections crée l’envie et fidélise une clientèle toujours plus large. Les deux sœurs prouvent qu’elles ont un vrai instinct pour la mode.

L’entrée en scène d’Ilan, la nouvelle génération

En 2008, le fils d’Evelyne, Ilan Chetrite, rejoint l’aventure. Il crée la ligne Sandro Homme. Un vent de fraîcheur souffle sur la marque. Cette diversification vers le masculin ouvre de nouvelles perspectives et prépare la croissance future du groupe.

L’année suivante, les deux sœurs réalisent un coup de maître : elles rachètent la marque Claudie Pierlot. Elles réunissent ensuite leurs enseignes au sein du groupe SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot). La structure familiale se professionnalise et attire rapidement l’attention des grands fonds d’investissement.

La valse des investisseurs : comment SMCP est devenu un géant mondial

Les recettes de cette success-story familiale éveillent les appétits. En 2010, les deux sœurs cèdent 51 % du capital de SMCP à L Capital, le fonds soutenu par LVMH, et à Florac, la structure de la famille Louis-Dreyfus. Le groupe réalise alors 180 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une première étape décisive.

En 2013, nouveau tournant. Le fonds KKR rachète SMCP pour environ 650 millions d’euros, alors que le chiffre d’affaires atteint 390 millions. Cette manne financière propulse l’internationalisation : les États-Unis, la Grande-Bretagne, puis la Chine. Le nombre de boutiques dépasse le millier dans le monde.

En 2016, le géant chinois Shandong Ruyi met la main sur le groupe pour 1,3 milliard d’euros. SMCP entre en Bourse l’année suivante. Puis en 2019, la maison pour hommes De Fursac rejoint la collection. Le portefeuille de marques s’étoffe, et le groupe s’impose comme un acteur majeur du luxe accessible.

Une gouvernance mouvementée et un cours de bourse en dents de scie

Mais l’euphorie retombe. Depuis 2021, SMCP traverse une crise de gouvernance complexe. L’action chute lourdement en bourse, les actionnaires chinois se déchirent. Un imbroglio judiciaire, qui trouve finalement une issue récente. La perspective d’une recomposition du capital a d’ailleurs fait bondir le titre de plus de 9 % ces derniers mois.

Cette période turbulente n’a pas entamé la détermination des familles fondatrices. Elles ont su préserver l’essentiel : l'identité de leurs marques et leur ancrage parisien. Aujourd’hui, le groupe continue d’écrire son histoire, porté par une équipe dirigeante renouvelée et des ambitions toujours plus fortes.

Solo Group : la pépite cachée qui change tout

Mais le bond spectaculaire de la famille dans le classement des grandes fortunes de France ne vient pas seulement de la mode. Il est aussi porté par une entreprise moins connue : Solo Group. Créé en 1991 par Alain Milgrom, le mari de Judith, ce distributeur parisien de vêtements et produits personnalisables pour les entreprises a prospéré dans l’ombre.

En 2024, Solo Group affiche un chiffre d’affaires de 470 millions d’euros, avec un Ebitda de 105 millions. Une rentabilité remarquable, qui a attiré l’attention du fonds américain Platinum Equity. La vente, conclue à un montant estimé entre 850 et 900 millions d’euros, a considérablement renforcé la fortune familiale.

Ainsi, la fortune professionnelle des familles Chetrite et Milgrom est passée de 140 millions d’euros en 2017 à 675 millions en 2026. Ce bond spectaculaire illustre la complémentarité des activités : la mode d’un côté, le business du vêtement d’entreprise de l’autre.

Les chiffres clés de cette ascension fulgurante

Pour mieux comprendre cette réussite, voici les étapes marquantes de ce parcours hors du commun :

  • 👗 1984 : création de Sandro par Evelyne Chetrite dans le Sentier
  • 1998 : lancement de Maje par Judith Milgrom rue du Four
  • 🌟 2008 : Ilan Chetrite lance Sandro Homme
  • 💰 2010 : entrée de L Capital et Florac au capital de SMCP
  • 🚀 2013 : rachat par KKR pour 650 millions d’euros
  • 🌍 2016 : acquisition par Shandong Ruyi pour 1,3 milliard
  • 📈 2017 : entrée en Bourse de SMCP
  • 🏆 2026 : 675 millions d’euros de fortune professionnelle

Deux sœurs, deux marques, une même ambition. Evelyne et Judith ont transformé un rêve de jeunesse en un véritable empire de la mode. Leur parcours force le respect et inspire toute une génération d’entrepreneurs. Une belle preuve que le talent, le travail et la persévérance mènent bien plus loin qu’on ne l’imagine.

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